Antiterrorisme.be

À l’heure où les attentats en Europe ont marqués les discours et les politiques des instances étatiques, supra-étatiques et des médias — amenant de plus en plus à mettre sur l’avant de la scène les notions de terrorisme et d’antiterrorisme sur la scène, il nous semble plus que primordial de revenir sur ce qu’est l’antiterrorisme et de comprendre les implications que cette notion a dans les décisions politiques et de manière plus globale dans la société.

Ainsi, nombre de mesures sont prises par l’État afin de renforcer la « lutte contre le terrorisme », qui à une autre époque auraient été inimagineables. Les démons de la stratégie du choc sont on ne peut plus actuels: profitant ainsi d’un climat de « terreur » dans laquelle serait plongée la population suite aux attaques perpétrées tant en Belgique que dans les pays voisins, nombre de libertés sont réduites, nombre de politiques répressives et de surveillance sont mises en place; certaines amenant à penser que le tout sécuritaire n’est qu’une banderole que l’on affiche afin de faire accepter à la population ces décisions.

L’image du « terroriste » est agitée à chaque fois en France comme en Belgique, que cela soit pour instaurer un État d’urgence permanent, mettre des militaires dans les rues, outre-passer les droits fondamentaux lorsque l’on fait face à la justice (comme c’est le cas par exemple des procédures de mini-instructions), renforcer le régime de peine et les possibilités d’action et de répression pour la police (de plus en plus armée avec des armes connues pour être dangereuses) et l’État. Ce que l’on observe dans les faits, au-delà des discours prônant la sécurité contre le « terrorisme », c’est que ces outils mis en place par les gouvernements, sont utilisés dans des cadres bien plus larges que ceux de la lutte contre le terrorisme.

Assignations à résidence, détournement des lois afin de renforcer la répression sur des choses qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Nombre de mouvements sociaux sont ainsi réprimés par ces mêmes armes, la contestation du système se trouvant être de plus en plus difficile. Renforcement des lois contre l’immigration, possibilité de la déchéance de nationalité pour des belges ayant la double nationalité au moindre prétexte (créant ainsi deux catégories de citoyen sur base de leurs origines), facilitisation de la mise en prison (centres fermés) des tous et toutes personnes — quel que soit leur âge où leur situation à partir du moment où elles n’ont pas de papier; augmentation de rafles par la police en collaboration avec les services de transport public… les faits sont nombreux, et ne concernent pas uniquement une certaine catégorie de la population, mais bien toute la population dans son ensemble. La différence étant que cette répression est bien plus visible dès lors que certains critères ne sont pas remplis.

Les politicien.ne.s se font les porteur.se.s depuis longtemps d’un mouvement de précarisation de masse, se justifiant sur des préceptes néo-libéraux en prétextant que « ça marche », que c’est de la « science économique »; alors que depuis Pinochet, partout à travers le monde, on sait que cela s’apparente plus à une sorte de scientisme doctrinaire que d’une réelle approche scientifique. Cela amène à des conséquence désastreuses, qui ont prouvé que les mécanismes d’austérité et de privatisation amènent à plus de suicide, plus de personnes dans la misère, plus de personnes malades et parfois contraintes de ne pas pouvoir se soigner par manque d’argent. Face à une crise systémique, les dirigeants qui agissent partout à travers le monde font reposer la responsabilité sur les individus. Ainsi l’on doit s’activer une fois au chômage, on doit montrer une patte plus blanche que jamais sous le risque de perdre le peu d’argent qui rentre. À côté, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est toujours plus affaiblie, alors qu’elle reste une des meilleures options pour sortir de la crise. On coupe dans le budget des services à la population, au profit d’un renforcement de l’armée et de la privatisation des différents secteurs publiques. On pleure qu’il manque quelques milliards pour le budget de l’État, alors qu’on en donne des dizaines aux entreprises avec les intérêts notionnels.

Le lien entre crise économique et antiterrorisme peut sembler inexistant au premier regard, mais c’est pourtant un élément important qui a renforcé le contexte de violence — sociale et économique, que subit la population. Cette violence, qui prend de nombreuses formes a des implications directe dans le climat de « terrorisme » que nous imposent les médias et l’État. À cet égard, il nous semble pourtant primordial de pouvoir comprendre à quoi cela fait référence, par le vécu quotidien de la population tant que par les éléments systémique qui en sont les causes.

Nous proposons sur ce site d’analyser l’antiterrorisme comme un système idéologique — tant par les discours et représentations qui sont portées en son sein, que par les implications directes et indirectes qui en découlent. Pour cela, il nous faut comprendre de manière large la manière dont ce système agit sur nos vies; cela passe par l’analyse tant que l’information relative à celui-ci, afin d’en avoir une vue d’ensemble — étape important afin de pouvoir en établir une critique qui soit rationnelle au contraire de ce que font les politiques. En tant que système également, il nous faut comprendre le contexte historique et politique dans lequel il s’inscrit.

C’est donc à cette compréhension du réel que ce site veut contribuer.